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Le miel calédonien : une qualité reconnue

Le Centre d’Apiculture de l’ADECAL-Technopole organise la troisième édition du concours des miels de Nouvelle-Calédonie. Il se déroulera le 2 août prochain, mais la fin des inscriptions est fixée au vendredi 16 juillet à 14 heures. Ce concours est l’occasion de faire le point sur la filière apicole calédonienne.

On estime à 500 le nombre de personnes qui produisent du miel. Il faut bien sûr différencier les apiculteurs qui peuvent commencer à tirer des compléments de revenus intéressants à partir de soixante ruches, au « jardinier-apiculteur » qui produit par passion, mais ne possède que quelques ruches. La production, évaluée entre 100 et 150 tonnes par an, est entièrement consommée localement. La part consacrée à l’export est très faible, inférieure à une tonne par an. C’est dû au fait que la filière demeure peu organisée, ce qui conduit les petits producteurs à vendre leurs miels dans les mêmes périodes saturant parfois le marché. Il faudrait donc privilégier le stockage, comme cela se fait dans bien d’autres régions ainsi à la Réunion.

« Les apiculteurs professionnels ont une capacité de stockage de leur production sur de très longs mois », explique Romain Gueyte responsable du Centre d’Apiculture pour l’ADECAL-Technopole. Mais en face d’eux, on trouve plein de petits producteurs qui mettent d’un coup sur le marché 200 ou 300 kilos, une production dont ils attendent des revenus immédiatement pour rentrer de la trésorerie. On constate donc un afflux massif de miel sur les marchés avec parfois des difficultés à la vente. C’est d’autant plus dommage que nous avons l’immense chance d’avoir un produit stockable. Nous manquons juste de structures capables de centraliser de gros volumes. »

Un miel calédonien de grande qualité

Il faut savoir que les miels calédoniens sont de très grande qualité. Ils sont d’ailleurs récompensés de manière régulière lors du concours organisé dans le cadre du Salon de l’Agriculture de Paris, mais c’est également prouvé par des études internationales. En 2017 et en 2020, ces études ont prouvé que les miels calédoniens étaient indemnes de résidus de glyphosate et de pesticides. « En lien avec notre environnement où nous avons de grands espaces où l’activité humaine est limitée, précise Romain Gueyte, nous avons la chance de pouvoir produire un miel de qualité. »

Et le cheptel d’abeilles se porte bien, épargné par l’absence de nombreux parasites. Toutefois cette année a été particulière et de nombreux ruchers ont souffert des intempéries et des épisodes pluvieux ou cycloniques qui se sont succédé. « Nous avons connu un début d’année compliqué, explique le directeur du Centre d’Apiculture. Dans de nombreux endroits, les pluies ont raréfié la ressource et les colonies n’ont pas produit beaucoup de miel. On peut estimer que la production a été divisée par deux. Je prends l’exemple de Lifou qui n’a quasiment pas produit de miel depuis le début de l’année alors que c’est un milieu propice au miel. »

Une plus grande visibilité

Le Centre Apicole organise donc la 3e édition du concours des miels dont l’objectif premier est de mettre en avant les produits, les producteurs et la filière. « C’est ce que l’on appelle un concours à savoir-faire, explique Romain Gueyte. C’est-à-dire que pendant une année, l’apiculteur primé bénéficiera d’une vraie visibilité pour ses miels. Les primés pourront étiqueter les médailles sur leurs miels. La vocation de ces médailles que l’on peut apposer sur les pots de miels c’est de donner une meilleure visibilité pour les primés. » C’est ce qui explique que la participation aux deux premiers concours a marqué une progression de participants. 35 apiculteurs ont participé en 2019, ils étaient 45 l’an dernier. Toutefois, les critères de participation ont été modifiés. « C’est un concours réservé aux professionnels, souligne Romain Gueyte. Mais l’on a réalisé qu’il y avait 10 à 15 % des participants qui, s’ils disposaient d’une carte agricole, ne possédaient que deux ou trois ruches. C’est pourquoi cette année nous demandons la carte agricole et de posséder 25 ruches minimum. »

Le Centre d’Apiculture

Le centre d’apiculture est l’un des centres techniques de l’ADECAL-Technopole. « Notre mission, explique son directeur, est d’accompagner le développement de la filière apicole en Nouvelle-Calédonie. Nous intervenons sur différents axes que ce soit la formation, le transfert technique via le suivi d’apiculteurs directement chez eux, mais aussi en termes de sélection génétique du cheptel. Nous intervenons également sur la protection sanitaire, nous veillons à ce que les maladies existantes ne se développent pas, et surtout que l’on n’introduise pas de nouveaux parasites en Nouvelle-Calédonie qui pourraient nuire à la filière apicole. Enfin, nous travaillons sur la meilleure connaissance des miels et milieux mellifères, dont le concours des miels en est la vitrine. (Ndlr : les milieux mellifères sont les zones avec un haut potentiel de production de nectar)

 

Concours des miels : infos pratiques

Le concours des miels de Nouvelle-Calédonie aura lieu le lundi 2 août 2021. La limite d’inscription est fixée au vendredi 16 juillet 2021 à 14 heures. Pour participer au concours, il est demandé à l’apiculteur de détenir la carte agricole et 25 ruches minimum. Il lui faut être à jour de sa déclaration de rucher(s) au Réseau d’Épidémio-Surveillance Apicole. Par ailleurs, il s’engage à présenter un ou des miels récoltés durant la saison apicole 2020-2021, et à conserver, jusqu’au jour du concours, 20 kilos de stock par miel présenté. Les miels sont répartis en trois catégories : miel de niaouli, miel toutes fleurs clair et miel toutes fleurs foncé.

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