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Fruleg : une mise en relation constructive

L’IFEL, Interprofession fruits et légumes, en partenariat avec les acteurs de la filière, a organisé l’opération Fruleg#2, le 9 septembre dernier, au Rivland à Païta. Cette opération permet de faire se rencontrer les producteurs et les acheteurs des fruits et légumes.

Échanger, s’informer, communiquer, agir, ce sont les objectifs de ces rencontres d’affaires. Le but est d’examiner les moyens à mettre en œuvre pour mieux approvisionner le marché calédonien des fruits et légumes frais, et ainsi mieux répondre aux besoins des consommateurs. Producteurs et acheteurs échangent lors de conférences plénières, en mode « speed dating » ou bien encore de manière informelle autour d’un buffet. Seul événement de ce type, Fruleg#2 a vu la participation de tous les membres de l’IFEL. « Il s’agit essentiellement de créer du lien entre la production et les consommateurs particuliers et professionnels comme les restaurateurs ou les collectivités, les transformateurs, les distributeurs, explique Marc Viallon, président de l’IFEL et producteur de bananes dans le Sud. On veut mettre tous les acteurs en rapport pour qu’il y ait des contrats qui se négocient. C’est un véritable échange économique. »

Créer la confiance

120 personnes ont participé à cette rencontre au cours de laquelle certains opérateurs ont présenté leurs activités comme l’Agence rurale, la coopérative COOP1 ou bien encore l’ADECAL. « L’ADECAL a procédé à une dégustation à l’aveugle de plusieurs variétés de tomates, raconte le président de l’IFEL. Il se trouve qu’il y avait parmi nous un transformateur qui recherchait des tomates à chair ferme et qui a donc pu tester des variétés. L’idée est d’entamer la démarche. Je pense qu’il faudrait accroître ce genre de rencontres et peut-être les faire de manière plus régulière et moins formelle. » Ces échanges ont été apprécié de tous. « J’ai bien aimé les témoignages des agriculteurs sur leur vécu, explique Sonia Siu de Champipousse, producteur de champignons.

Ce qui était intéressant aussi, c’était la dégustation de tomates proposée par l’ADECAL, cela donne l’idée de faire des variétés adaptées au pays. » Les organisateurs ont dressé le bilan de cette opération et se montrent satisfaits. « Cela permet d’instaurer un climat de confiance entre les uns et les autres, explique Marc Viallon. Le lien de confiance est important. Il s’établit entre un producteur qui s’engage sur des volumes et le transformateur qui sait pouvoir miser sur ces volumes de production. C’est important car ce n’est pas forcément évident de faire le lien entre producteurs, transformateurs et distributeurs et ce n’est pas évident non plus de faire travailler 10 ou 12 agriculteurs en même temps. Il faut avoir une démarche un peu cohérente par rapport au marché. C’est à dire que nous, les producteurs, si on n’arrive pas à se caler sur nos productions pour arriver à tous produire la même chose en même temps, cela va être compliqué de ramener cela à l’échelle de la Nouvelle-Calédonie. »

Des échanges riches

« Je voulais rencontrer les producteurs du coin et les acheteurs, souligne José Rolland, producteur en culture bio à Boulouparis. Pour moi, c’était aussi l’occasion d’expliquer que les légumes dans la culture bio ne peuvent pas être calibrés tous pareils, une notion que les acheteurs ne comprennent pas encore très bien. Les rencontres ont été enrichissantes en tout cas. » Les acteurs de la filière ont été sensibles aux témoignages apportés par les agriculteurs et certaines structures. Ainsi, l’Agence rurale a présenté les plantes comestibles que l’on trouve naturellement en Nouvelle-Calédonie mais pourtant que l’on ne consomme pas. « En fait, précise le directeur de l’Interprofession, c’est aussi l’occasion pour les petites structures de se faire connaître pour échanger sur les techniques, sur le mode d’écoulement, sur la possibilité de mutualiser, notamment sur le transport. » Producteurs, acheteurs et transformateurs ont été mis en relation. « Notre objectif, précise ainsi Patrick Garrier de la société Switi, était d’étoffer nos potentiels viviers d’agriculteurs. L’an dernier à la première édition, on avait eu déjà pas mal de contacts.

Cette année, l’idée était donc d’augmenter ce vivier, car il y avait de nouveaux participants. Et puis, c’est toujours l’occasion de voir des agriculteurs que l’on n’a pas forcément l’occasion de rencontrer sinon par téléphone ou par mail. » On notera que l’agriculture durable aura été bien représentée lors de cette journée. « Nous sommes partenaires du réseau Repair depuis des années, témoigne Jérôme Blaise, gérant de l’Assiette filante, un service de gamelles, et on souhaite aller encore plus dans le bio. Ce sont des niches agricoles et nous n’avons pas spécialement le premium dans ces niches. Je pense donc qu’on est obligés d’aller plutôt vers le producteur et créer réellement un lien et une traçabilité. J’ai été surpris par de nouveaux produits, des fruits et légumes bio, de variétés un peu différentes de ce qu’on a connu jusqu’à présent. J’ai l’impression aujourd’hui que du côté des agriculteurs comme de la puissance publique, on a la même volonté de faire évoluer cette filière d’agriculture responsable. »

Les chiffres à retenir

En 2019, les fruits les plus consommés en Nouvelle-Calédonie ont été les pommes, les oranges, les bananes et les pastèques. L’an dernier, la production locale de fruits a été de 20 % supérieure à celle de 2018 avec 4 734 tonnes pour un chiffre d’affaires de 1,7 milliard de francs CFP. Dans le même temps, 4 427 tonnes de fruits frais ont été importés, soit un chiffre d’affaires de 947,6 millions de francs CFP. Le taux de couverture des besoins en fruits frais par la production locale est donc de 51 %, soit 4 points de plus qu’en 2018. En 2019, les tomates, salades, concombres et choux de Chine ont été les légumes les plus consommés. On a produit 15 018 tonnes de On a produit 15 018 tonnes de légumes (incluant les oignons, tubercules tropicaux et pommes de terre) dont 8 553 tonnes de légumes frais pour un chiffre d’affaires de 3,5 milliards de francs CFP. Dans le même temps, 8 868 tonnes de légumes ont été importées. On note que le taux de couverture concernant les légumes est de 80 %.

Sources : DAVAR, Arbofruits, Marché de gros, ISEE et Direction générale des douanes.

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