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L’émergence d’une nouvelle filière… ancienne

Le cluster Nativ’NC, association créée en 2018, regroupe une quinzaine d’acteurs de la filière des produits naturels du territoire, de la recherche-innovation et de l’export. Aujourd’hui, Nativ’NC souhaite créer une plateforme d’analyses pour fédérer la filière et assurer la qualité de ses productions.

Qu’entend-on par produits naturels ? Il s’agit tout simplement de certaines substances extraites du monde animal ou végétal que le secteur industriel peut aujourd’hui valoriser. Ces productions issues d’êtres vivants sont ainsi utilisées par différents secteurs industriels tel que la cosmétique, la santé ou bien encore l’agroalimentaire. Les spécialistes estiment que ce secteur est en plein boom et pèsera bientôt d’un poids non négligeable dans l’économie mondiale.

« L’utilisation des substances naturelles, explique Simon Gensous, trésorier de Nativ’NC, répond clairement à une volonté de la société. Les consommateurs recherchent de plus en plus des produits biosourcés ou labélisés et qui représentent, pour les industriels qui les utilisent, des plus-values marketing. » Il s’avère qu’en termes de produits naturels, la Nouvelle-Calédonie recèle des trésors et à l’heure où l’on recherche de nouveaux débouchés économiques, ils représentent une alternative à la fois innovante et intéressante. « En Nouvelle-Calédonie, insiste Simon Gensous, on parle depuis de nombreuses années de chercher des solutions économiques alternatives au nickel, clairement la filière des produits naturels, c’est quelque chose à travailler, à développer, on a un très gros potentiel tant au niveau terrestre que marin. »

Un secteur à ne pas négliger

La filière des produits naturels compte aujourd’hui une vingtaine d’entreprises qui emploie une centaine de personnes et dégage un chiffre d’affaires annuel de 820 millions de francs CFP. Les produits phares sont le santal, le niaouli, le coprah, mais aussi la vanille, le sel, les huiles végétales, le miel et tout ce qui tourne autour des bactéries marines. « La filière se structure autour de quelques ressources, souligne Simon Gensous. La principale est le santal avec 450 millions de francs de chiffre d’affaires par an et emploie une cinquantaine de personnes. Juste derrière, on trouve le miel qui génère 250 millions de CA et emploie 50 personnes. Nous avons aussi une biodiversité marine importante.

On a aujourd’hui une collection de 300 souches de bactéries marines et d’une cinquantaine de micro-algues qui font que l’on a trouvé 350 molécules pouvant être utilisées dans différents secteurs industriels. (…) L’intérêt premier de Nativ’NC est de fédérer les acteurs de la filière. Pour créer des vocations, il faut que les gens se rencontrent et échangent. Nous proposons donc d’accompagner les acteurs de la filière, en particulier sur ce qui a trait à la réglementation. Nous agissons aussi pour promouvoir cette filière et faire connaître son potentiel. » Cela passe donc par l’information et dans ce cadre le cluster et l’ADECAL-Technopôle ont missionné un cabinet-conseil pour évaluer les potentialités de la filière. « La Nouvelle-Calédonie a un réel potentiel, a expliqué Guillaume Requin en charge de cette étude. La Nouvelle-Calédonie doit se positionner sur des produits à très haute valeur ajoutée, fournis en petite quantité à destination des secteurs cosmétiques et de l’alimentation. »

© Nativ Création Nativ’NC-Eudanla-Lincks

Susciter des vocations et un intérêt

Le cluster n’a pas gardé pour lui les données et informations réalisées par l’étude, elle les a compilées dans une brochure de 16 pages intitulée « La filière des produits naturels en Nouvelle-Calédonie, un secteur d’excellence en développement ». Les buts de cette publication sont multiples et il s’agit d’abord de rappeler que la production de ces produits naturels a été pratiquée ici de tout temps. « On oublie trop souvent qu’on a su faire autrefois et cela disparaît peu à peu, précise Éric Chevrot, vice-président du cluster Nativ’NC. Il s’agit donc juste de refaire ce que l’on a toujours su faire, mais de le faire en prenant en compte les obligations environnementales et écologiques d’aujourd’hui, qui ne sont pas antinomiques avec l’industrie. »

La publication réalisée par le cluster ambitionne également de susciter des vocations et le lancement de projets, « les travaux des prochains mois est aussi d’aller chercher plus de producteurs », ajoute Simon Gensous. Montrer la réalité de la filière permet également de progresser. Dans ce contexte, l’idée de la création d’un label est dans l’air. « Il n’existe pas de label spécifique en Nouvelle-Calédonie, explique Paul Coulerie, le président du cluster, qui permettrait d’informer les consommateurs sur l’origine 100 % naturelle d’un produit. Cela devient pourtant une nécessité, car il y a de plus en plus d’engouement pour ces produits. »

La brochure sur les produits naturels qui vient d’être éditée par Nativ’NC est téléchargeable gratuitement sur le site Internet du cluster : https://nativ.nc/presentation/

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