actualités

Upra bovine : améliorer le cheptel calédonien

Les Unités de promotion des races animales (Upra) tiennent une place majeure dans le développement de l’élevage en Nouvelle-Calédonie. Que ce soit pour les bovins, les ovins et caprins, les chevaux ou les porcs, ils agissent pour l’amélioration des races animales au profit des éleveurs. Et les projets ne manquent pas.

Créée au milieu des années 80, l’Upra bovine est une association de loi 1901, dont la particularité est qu’elle est pilotée directement par les éleveurs au service des éleveurs. Elle compte 216 adhérents en 2019, sur les 500 à 600 élevages de bovins recensés par la Chambre d’agriculture de Nouvelle-Calédonie. Upra signifie Unité de promotion des races animales. Sa mission est donc de promouvoir tout ce qui a trait à la génétique et aux races adaptées à la Nouvelle-Calédonie. « Historiquement, explique Adeline Lescane, la directrice de l’Upra bovine, le cheptel calédonien était constitué de Charolais et de Limousins. L’introduction de la tique en 1942 a conduit les éleveurs à tropicaliser le cheptel avec de nouvelles races plus résistantes à la tique comme le Brahman et des races composites comme le Sénépol ou le Droughmaster. » L’Upra suit aujourd’hui dix races : Charolais, Limousin, Blonde d’Aquitaine, Brahman, Santa gertrudis, Belmont Red, Sénépol, Droughmaster, Brahmousin, Charbrais.

Améliorer la génétique

L’Upra bovine a pour mission d’améliorer la qualité du cheptel calédonien, en travaillant essentiellement sur la génétique. Toutefois ses missions sont diverses, explique Adeline Lescane, « nous sommes allés au lycée agricole de Pouembout pour former les élèves au dressage d’animaux pour les présenter en main lors des différentes manifestations agricoles et nous les avons initiés au pointage, système de notation qui permet d’évaluer la croissance et le développement d’un animal (muscle, squelette…) ». Concernant la génétique, l’Upra bovine réalise 800 inséminations artificielles et importe 30 à 50 embryons par an.

« L’Upra est en relation avec deux types d’éleveurs, précise Adeline Lescane, les sélectionneurs qui travaillent sur les races pures et qui ont au minimum cinq déclarations de naissance par an, et les éleveurs utilisateurs qui travaillent principalement avec des croisements pour faire du veau ou du gros bovin de boucherie. » Pour l’heure, les semences sont importées, « le cheptel local est restreint, explique Adeline Lescane, avec de nombreuses races pour 28 000 vaches mères. Cela ne fait pas beaucoup d’effectifs par race, donc nous sommes obligés d’importer du sang neuf pour éviter la consanguinité, soit de Métropole soit d’Australie, et nous importons cette génétique selon un protocole sanitaire extrêmement strict. Nous faisons le relais avec les fournisseurs, nous choisissons les semences en concertation avec les éleveurs et nous les conseillons sur ce qui est le mieux adapté à leur élevage et compatible avec les animaux déjà présents ».

Les projets de l’Upra bovine

Dans les troupeaux de sélection, l’Upra bovine travaille sur la performance des animaux avec des pesées à 4 et 7 mois minimum. Les meilleurs animaux sont pointés à 7 mois, ce qui permet d’évaluer leur développement musculaire et squelettique. En fonction des pesées et des qualifications, ils sont classés en : Standard, Espoir, Reproducteur jeune. Ce suivi est assuré par trois techniciens de terrain qui travaillent avec les adhérents sur tout le territoire. « Dans un certain nombre d’élevages que nous suivons, explique Adeline Lescane, nous allons sélectionner les meilleurs mâles et nous les regroupons sur un même site à Port Laguerre où ils sont conduits de la même manière. Ce sont les plus performants d’entre eux qui auront la qualification “Reproducteur jeune”. L’idée est que les sélectionneurs ne conservent que les animaux exceptionnels de manière à améliorer le cheptel génétiquement.

L’accent est mis principalement sur les mâles, car un taureau va produire 30 à 50 veaux en moyenne par an. Une bonne mère en produira 1 par an. » C’est aussi sur cette base que l’Upra bovine a lancé le projet AGATIS sur le génome des animaux, une technique révolutionnaire en se basant sur l’ADN dont on devrait avoir les premiers résultats dans le courant de l’année prochaine. Par ailleurs, les Upra travaillent en collaboration, « nous avons en projet un centre de collecte, explique ainsi Adeline Lescane, qui nous permettrait de produire nous-mêmes nos semences pour les utiliser sur place et les exporter vers la Polynésie, Fidji ou le Vanuatu, car nous sommes le seul territoire francophone du Pacifique à avoir un suivi génétique des troupeaux depuis plus de 35 ans. Les Upra étant adhérentes à NCT&I (New Caledonia Trade and Invest), cette association nous aide à trouver des marchés à l’export et à mettre en place des partenariats ».

Initiation au pointage animé par Romain Veron (technicien-inséminateur de l’Upra bovine)
Afficher plus

Articles similaires

Fermer
Fermer