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Le concours de carcasses de l’Upra bovine consacre la grande qualité de la viande calédonienne

Le concours de carcasses organisé par l’Ocef en partenariat avec l’Upra Bovine, a rencontré un vrai succès. Outre une forte participation des éleveurs et l’implication d’un jury de professionnels, il a consacré la viande calédonienne. C’est l’élevage Agrical qui a remporté le premier prix.

C’est une habitude pour cet élevage calédonien plus que centenaire. En effet, c’est la 4e fois que l’élevage Agrical Ballande remporte le concours avec, à chaque fois, un bœuf de 30 mois issu de sa station de Karikaté. C’est une carcasse de limousin de 495 kilos qui l’a emporté devant un Charolais d’Yvon Creugnet et un Brahmousin de Roger Avril.

Un savoir-faire et une réputation

« Le secret ? Nous avons une bonne souche limousine avec un historique d’élevage qui a plus de 100 ans, répond Nicolas Pebay, le directeur de l’élevage Agrical Ballande. On travaille régulièrement avec l’Upra Bovine pour améliorer et renouveler cette génétique. En parallèle, il y a tout un travail de sélection et d’élevage, sur nos exploitations, qui amène une régularité dans la qualité de nos carcasses. » L’élevage Agrical Ballande, dont la réputation n’est plus à faire, emploie onze salariés sur trois exploitations (Ouinané, Karikate et Nassandou). Installé sur une surface globale de 5 000 hectares, l’élevage recense un cheptel oscillant entre 2 300 et 2 500 têtes. « Nous participons à ces concours, explique Nicolas Pebay, pour mettre en avant le travail de nos équipes et de manière plus globale, notre élevage et sa réputation.

Nous sommes producteurs de viande bovine, mais également sélectionneurs (vendeurs de taureaux) et nous souhaitons être exportateurs de génétique sous forme d’embryons et de taureaux dans le Pacifique, ce que nous avons commencé à faire avec le Vanuatu et la Polynésie. Donc, quand on veut réaliser ce travail-là, il faut mettre en avant ses performances, son palmarès, notamment en remportant des concours. C’est une vitrine de notre savoir-faire qui nous permet de communiquer sur notre élevage et notre race limousine. »

Une génétique de pointe

Ces dernières années, un travail très important a été réalisé par l’Upra Bovine sur la génétique pour aider les éleveurs à améliorer et diversifier les races, mais surtout améliorer la résistance du cheptel aux tiques. Dans ce cadre, explique Nicolas Pebay, « le fait de travailler en insémination artificielle a un impact améliorateur sur la génétique du cheptel cheptel ». Aujourd’hui tous les professionnels soulignent les progrès conséquents réalisés ces dernières années avec l’appui de l’Upra Bovine (morphologie, résistance aux tiques, rendements des carcasses, etc.). Aujourd’hui, la viande bovine de Nouvelle-Calédonie peut être considérée comme exceptionnelle grâce à de nombreux points : son mode d’élevage en extensif et une alimentation principalement à l’herbe, la professionnalisation de la filière au travers un savoir-faire de tradition, de la formation initiale, professionnelle et continue. Ce sont des critères majeurs à savoir et à reconnaître.

Promouvoir la viande bovine calédonienne

Pendant très longtemps, on a estimé que la viande en provenance du Vanuatu était meilleure, mais ça n’est plus le cas aujourd’hui, elle est largement supplantée par la qualité de la production calédonienne. Mais les mythes ont la vie dure : « Les consommateurs, regrette Nicolas Pebay, n’ont pas conscience de la grande qualité de la viande calédonienne. » Donner sa véritable visibilité aux qualités de la viande calédonienne, c’est ce à quoi doivent s’atteler, non seulement les éleveurs et bouchers, mais aussi les organismes agricoles. Sans doute, pour améliorer encore la qualité de la viande pour le consommateur, faudrait-il mieux travailler la maturation des carcasses, « il faut laisser le temps à la viande de s’exprimer afin qu’elle soit encore plus tendre », souligne ainsi Nicolas Pebay, mais c’est surtout la traçabilité qui peut offrir des perspectives.

La traçabilité, c’est permettre au consommateur de savoir qu’il achète tel animal en provenance de tel élevage, et ainsi de connaître la manière dont l’animal a été nourri et élevé. « Les consommateurs, précise le directeur l’élevage Agrical Ballande, ne se rendent pas compte qu’aujourd’hui trouver des bœufs de trois/quatre ans élevés exclusivement à l’herbe, c’est de plus en plus rare même en Europe. En métropole, c’est même un label. On a donc un produit de qualité qui sans aucun doute n’est pas suffisamment mis en avant. Il faut valoriser le travail de l’éleveur et du boucher, mieux mettre en avant le produit, comme peuvent l’être par exemple la crevette, le cerf ou la squash qui sont exportés sur d’autres territoires. On parle de plus en plus de circuits courts et de ce lien avec le producteur. Nous souhaiterions établir une véritable relation avec le boucher, donc avec le consommateur. La traçabilité est recherchée par la clientèle, pour savoir d’où vient la viande et comment l’animal a été élevé, c’est le grand défi pour notre filière. »

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