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Le concours des miels de Nouvelle-Calédonie : un gage de qualité

Le 3 août prochain, le Centre d’apiculture organise la 2e édition du « Concours des miels de Nouvelle-Calédonie ». Il aura lieu à Nouville, au Groupement pour l’insertion et l’évolution professionnelle et s’adresse à tous les apiculteurs professionnels calédoniens.

C’est la seconde édition de ce concours, organisé hors du cadre de la foire de Bourail. « Tout le monde regrettait que finalement assez peu d’apiculteurs participent au concours lorsqu’il avait lieu au sein de la foire de Bourail, explique Margot Camoin, coordinatrice du RESA(1) à l’ADECAL-Technopole et responsable du CPA (2) par intérim. Les apiculteurs demandaient à ce que ce concours soit davantage orienté vers les professionnels. C’est pourquoi le Centre d’apiculture a réécrit le règlement du concours sur des standards internationaux et a organisé en 2019 la venue d’Étienne Bruneau, expert de la qualité des miels. Un jury composé d’apiculteurs et de professionnels de l’agroalimentaire a ainsi pu suivre une formation organoleptique ; ils sont maintenant aptes à décrire et évaluer la qualité gustative d’un miel. Après le succès remporté l’an passé avec une cinquantaine d’inscrits, nous espérons bien avoir cette année davantage de participants. »

Lors de ce concours, des médailles d’or, d’argent et de bronze seront décernées aux miels de trois catégories : miel à dominante niaouli, miel toutes fleurs clair et miel toutes fleurs foncé. Les médaillés pourront faire mention de leur prix obtenu lors du concours par l’ajout d’étiquettes médailles sur leurs pots de miel et ce pendant un an. À noter enfin que les apiculteurs médaillés d’or verront leurs frais d’inscription pour le concours général agricole de Paris pris en charge par le Centre d’apiculture. Chaque table du jury sera constituée d’un chef de table, de deux apiculteurs, de deux restaurateurs, d’un expert de l’agroalimentaire et de l’agriculture. Le jury aura à juger entre 7 et 10 miels d’une même catégorie qui auront été préalablement triés sur des critères de qualité. Il rendra sa décision après une série d’examens olfactifs, visuels, tactiles et gustatifs (définition des arômes, des saveurs et sensations et de leur intensité). Les arômes caramélisé et animal (type crevettes séchées) sont par exemple caractéristiques du miel de niaouli alors qu’un miel toutes fleurs clair des îles Loyauté sera plutôt caractérisé par un arôme chimique (type bonbon Haribo).

Les enjeux

« Ce concours, précise Margot Camoin, est l’occasion pour les apiculteurs de valoriser leurs produits et de mettre en avant leur travail. Les données recueillies sur les miels présentés au concours sont ensuite incorporées dans le travail de caractérisation des miels mené par le Centre d’apiculture. » Ce concours a en effet pour objet de promouvoir la qualité et la diversité des miels produits en Nouvelle-Calédonie sur le marché local ; quant à la caractérisation, elle pourrait à terme déboucher sur la création d’un signe de qualité spécifique au miel.

Par ailleurs, il est demandé aux apiculteurs désireux de s’inscrire au concours de disposer de la carte agricole et d’avoir déclaré leurs ruchers au RESA. En Nouvelle-Calédonie, fin 2019, 7 866 ruches étaient officiellement déclarées, mais on estime leur nombre total à 12 000. Ces ruches produisent environ 160 tonnes de miel par an, quasi exclusivement destinées au marché local, les Calédoniens consommant 620 grammes de miel par an et par personne. Ces données devraient être affinées par l’enquête que la DAVAR a menée en fin d’année 2019, dont les résultats seront connus sous peu.

Un miel sous surveillance

L’ADECAL-Technopole dispose du RESA, le Réseau d’épidémio-surveillance apicole, comme outil de surveillance de la santé des abeilles. « Notre rôle, précise Margot Camoin, est de recenser le cheptel, ce qui permet la surveillance des maladies, leur évolution et leur propagation en Nouvelle-Calédonie. Nous surveillons les maladies déjà présentes sur le territoire afin de faire en sorte qu’elles soient mieux détectées et gérées par les apiculteurs pour faire baisser leur fréquence et leur impact. Nous travaillons aussi sur les maladies exotiques qui ne sont pas en Calédonie pour détecter leur introduction éventuelle le plus précocement possible. Nous établissons des plans de gestion pour des maladies qui pourraient arriver comme le Varroa, présent quasiment partout dans le monde, mais pas encore chez nous. »

Le concours, mode d’emploi

Les apiculteurs souhaitant participer à ce concours peuvent s’inscrire et déposer leurs échantillons de miel jusqu’au 17 juillet 2020 à 14 h. Plus d’informations sur : https://www.technopole.nc/…/concours-des-miels-de-nouvelle-…, mais aussi au CPA au 44 15 79 ou par mail à [email protected]

(1) Le CPA (Centre de promotion de l’apiculture) est un centre de formation et d’expérimentation technique avec pour objectifs : l’amélioration du potentiel génétique du cheptel, le transfert des bonnes pratiques apicoles, la caractérisation des miels et la connaissance des milieux mellifères et la veille sanitaire apicole via le RESA.

(2) Le RESA (Réseau d’Épidémio-surveillance Apicole) fait partie du CPA et a quant à lui pour objectifs : le recensement du cheptel via la déclaration de ruchers, la surveillance et l’amélioration de l’état sanitaire du cheptel, la prévention de l’introduction de nouveaux pathogènes et la définition du statut sanitaire officiel du cheptel à l’OIE.

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