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L’Agence Rurale en ordre de marche

Opérationnelle depuis le 1er janvier dernier, l’Agence Rurale, issue de la fusion entre l’ERPA (Établissement de régulation des prix agricoles) et l’Apican (Agence pour l’indemnisation des calamités agricoles ou naturelles), a tenu le 5 avril dernier déjà son 4e conseil d’administration. Les précisions de sa directrice, Laure Virapin.

Déjà quatre conseils d’administration pour l’Agence Rurale ?

Laure Virapin : Oui, les premiers conseils ont servi essentiellement à mettre en place la structure et toute son organisation. Ils ont également permis de traiter tous les dossiers arrivés tardivement (notamment à l’Apican) et, bien sûr, de voter le budget prévisionnel 2019. Ce dernier conseil d’avril lui a permis de mettre à plat de nombreux points techniques, mais l’on retiendra surtout que ce conseil a clôturé définitivement l’ERPA et l’Apican. Dans la foulée, le budget supplémentaire 2019 a été voté.

Quels sont les points essentiels à retenir de ce dernier conseil d’administration ?

L. V. : Ce qui a été très important lors de ce dernier conseil, c’est que l’Agence Rurale a validé les comptes de l’ERPA, du FRMVP (Fonds de régulation du marché des viandes porcines que l’ERPA gérait) et de l’Apican. Il a ainsi acté la dissolution de ces trois entités. Le reliquat de solde du FRMVP va aller au Fonds de développement d’élevage porcin (FDEP) qui a été nouvellement créé et dont la gestion revient à la DAVAR. En revanche, le reste des fonds ERPA et Apican est maintenant consolidé au sein de l’Agence Rurale et les deux établissements sont officiellement dissous.

Vous avez également abordé de nombreux dossiers techniques, lesquels ?

L. V. : Nous avons longuement parlé du cyclone Oma, puisque, concernant les indemnisations agricoles, nous avons reçu à ce jour plus de 1 300 dossiers dont 900 ont déjà été traités. Nous avons également pris des résolutions pour les pêcheurs. Il s’avère qu’ils ont été pénalisés par 54 jours de vent continu, ce qui est exceptionnel, les empêchant de sortir en mer. Les mesures les concernant sont pour l’heure transitoires, mais à terme il va y avoir la mise en place d’un fonds. Un fonds, où les pêcheurs vont cotiser, qui permettra qu’ils soient indemnisés en cas de difficulté. Ce fonds n’est pas encore mis en place pour l’instant.

Vous êtes également à l’Agence Rurale en charge de certains points concernant l’eau…

L. V. : Oui, lors de ce conseil d’administration, nous avons voté des financements d’études de projets hydroagricoles. Au sujet de l’eau, l’Agence Rurale intervient pour tout ce qui est prévention du risque, l’entretien des cours d’eau, mais également le financement des retenues collinaires en prévention de la sécheresse. Nous sommes parfois sollicités sur des projets spécifiques, mais qui ont un intérêt collectif.

Le dossier de la pomme de terre était-il à l’ordre du jour ?

L. V. : Le conseil d’administration a voté une opération de déstockage des pommes de terre au profit de l’OCEF. Cette année, la production a été très bonne donc on les aide à promouvoir les produits pour déstocker en début de campagne et éviter les pertes à la fin de la période de stockage. Il est plus logique et intéressant de financer de la promotion plutôt que des indemnisations.

Le dispositif d’aide au transport fruits et légumes a-t-il été évoqué ?

L. V. : On a amélioré ce dispositif. C’est une mesure emblématique. Il y a des freins importants dans l’acheminement des fruits et légumes sur les marchés, essentiellement le marché de Nouméa, en particulier les coûts de transport. Jusqu’à l’année dernière, ce sont les provinces qui finançaient les transports, les aides étant mises en œuvre par l’ERPA. L’Agence Rurale a repris cette mission en la finançant sur son budget propre, cela permet une plus grande harmonisation. Nous avons également augmenté les barèmes qui n’avaient pas bougé pour certains depuis avant 2003.

Concernant l’élevage, quelles ont été les mesures prises ?

L. V. : L’Agence Rurale va également reprendre l’aide aux transports des reproducteurs bovins auparavant gérée par l’ERPA mais dont il avait été envisagé de la transférer au FDEB. Nous avons également repris ce que nous gérions avant pour le compte des provinces, à savoir toutes les aides à l’aviculture. On a adopté une délibération nous permettant de prendre en charge les transports et les aides à la qualité des produits… Ce n’est pas forcément évident puisqu’il nous faut proposer un système harmonieux alors que les provinces ont des stratégies différentes.

Quels autres points peut-on retenir de ce conseil d’administration ?

L. V. : On a soumis au conseil d’administration notre projet sur l’agriculture traditionnelle. À mon sens, elle peut contribuer largement à la couverture des besoins alimentaires. C’est un point extrêmement important. Nous allons lancer des études, en particulier sur les productions et sur les savoir-faire qui, malheureusement, parfois se perdent. Nous allons également financer la promotion de ces produits auprès des Calédoniens.

Pour revenir sur la mise en place de l’Agence Rurale, elle a été très rapide…

L. V. : Le calendrier a fait que les choses ont dû se mettre en place très rapidement. La composition du conseil et la gouvernance ont été actées en novembre, j’ai été moi-même nommée en novembre.

Quels sont les gains de cette fusion ?

L. V. : Cette fusion permet la mutualisation des moyens. Et l’économie réalisée est conséquente, de l’ordre de 100 millions. Nous avons donc repris les missions de chacune des deux entités, mais nous avons ajouté certaines choses comme l’agriculture traditionnelle, la transition agroécologique… Nous allons lancer aussi des appels à projets pour le volet innovation. Dans ce cadre, nous allons étendre et harmoniser de nombreuses aides provinciales.

Concrètement, qu’est-ce que cela change ?

L. V. : Les agriculteurs n’ont plus désormais qu’un seul interlocuteur. Pour notre part, nous aurons une plus grande visibilité sur une même exploitation. Conformément à une recommandation de l’Autorité de la concurrence, nous allons également mettre en place un observatoire des coûts et des marges sur l’ensemble des filières. Par ailleurs, je souhaiterais inscrire l’Agence Rurale dans une démarche qualité pour aider le personnel à s’approprier une méthode homogène, car les façons de travailler de l’ERPA et de l’Apican étaient très différentes. Cela ne va pas changer, mais améliorer très certainement nos délais, notre réactivité, etc.

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