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Transition agro-écologique : tous les acteurs réunis

Organisé par la Chambre d’agriculture de Nouvelle-Calédonie avec le partenariat du gouvernement, le forum Agrinnov a réuni institutions, agriculteurs et consommateurs pendant quatre jours à Nouméa et La Foa sous forme de conférences et surtout d’ateliers de travail. Deux thématiques étaient à la Une : « Protégeons durablement nos cultures » et « Déployons l’agriculture biologique ». Premier bilan avec Gérard Pasco, président de la Chambre d’agriculture.

Qu’est-ce que vous recherchiez à travers ce forum ?

Gérard Pasco : L’enjeu était triple. De manière générale, Agrinnov avait pour objectif de recréer du lien, de l’échange, dans un climat apaisé, entre tous les acteurs du monde agricole, qu’ils soient producteurs, techniciens ou administratifs et les consommateurs, les représentants de la société civile. Bien évidemment, Agrinnov avait également des ambitions élevées en rapport avec les deux thématiques abordées. Concernant la protection des cultures, et donc la question des produits phytosanitaires à usage agricole, l’enjeu était crucial. Il s’agit de sortir d’une instabilité règlementaire qui dure depuis trop longtemps. L’innovation dans ce domaine est indispensable mais elle ne doit pas créer d’instabilité, particulièrement préjudiciable pour les agriculteurs mais aussi pour les consommateurs. Enfin, Agrinnov se devait d’être le tremplin dont l’agriculture biologique a besoin localement pour atteindre une vitesse de développement en phase avec la demande locale et comparable à la croissance mondiale quant à ce pan de l’agriculture. Le cas échéant, la stagnation se traduirait par un retard considérable.

Est-ce que cela a répondu à vos attentes ?

G. P. : Concernant les objectifs à moyen et long terme, il est trop tôt pour se prononcer mais on peut d’ores et déjà souligner le succès public rencontré par le Forum. La fréquentation a été largement plus importante que prévue. Nous avons dû quasiment doubler la capacité initialement prévue pour certains des ateliers programmés. Au total, sur les quatre jours de l’événement, Agrinnov aura accueilli plus de 1 000 participants. Un résultat tout sauf anodin à quelques semaines d’une échéance politique majeure pour la Nouvelle-Calédonie.

Quel est votre premier bilan ?

G. P. : Avant toute chose, j’ai envie de mettre en relief la richesse des échanges, des débats, des travaux de réflexion qui ont été menés. Ceux-ci ont fait émerger des propositions, des préconisations fortes et souvent consensuelles. Agrinnov a créé un véritable élan qu’il convient désormais de rendre pérenne et de transformer en solutions applicables.

Selon vous, comment seront mises en œuvre les préconisations sorties du Forum ?

G. P. : À l’heure actuelle, la question est moins le « comment » que le « quoi », à savoir donc définir les préconisations qui seront retenues. Dans un premier temps, un recueil de préconisations, présentant les lignes de force des principaux axes, va voir le jour dans la 2e quinzaine d’avril. Ce document, en cours d’élaboration, a vocation à être partagé le plus largement possible, tant auprès de l’ensemble des acteurs politiques que du monde agricole, de la société civile et des médias. Enfin, d’ici fin mai, un document final viendra détailler ces mêmes préconisations, plus ou moins amendées, et aura pour fonction de constituer une sorte de mode d’emploi quant à la mise en œuvre. Restera à fixer une feuille de route, un plan d’actions, en concertation avec les acteurs d’Agrinnov. Les décideurs politiques auront bien évidemment un rôle majeur à jouer s’ils souhaitent que cette dynamique se concrétise.

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