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Julien Creugnet, dans les pas de ses aînés

À tout juste 21 ans, le jeune homme se lance dans l’élevage bovin. Une profession qui règne dans la famille depuis des générations. Rencontre au cœur de l’exploitation familiale.

Vendredi après-midi, 14 heures. La chaleur écrasante et aride assèche les sols en mal d’eau des plaines de Boulouparis. Sur la propriété de 500 hectares de la famille Creugnet, Julien, un des juniors de la fratrie, est en route pour nourrir le bétail. « Avec la sécheresse ici, on est obligé de leur donner à manger. On fait partie des communes les plus sèches du territoire », lance-t-il. Au volant de son pick up blanc débordant de sacs de farine de blé, le jeune homme manœuvre entre les bosses et les nids de poule avec facilité. Pour rameuter le troupeau, il donne de la voix à travers la fenêtre ouverte du véhicule. Il semble rodé à l’exercice. « Je suis né là-dedans et j’ai toujours travaillé avec mon père ici ».

Il s’empare d’un sac pour l’entailler et le verse aux animaux qui trépignent d’impatience. Pantacourt beige, polo gris, bottines en daim et chaussettes hautes, l’agriculteur en herbe en impose par son assurance. Sur la propriété familiale, lui a son domaine, « d’environ 100 hectares, sur lesquels j’ai en tout une quarantaine de têtes ». Un élevage revendu en intégralité à la boucherie de son oncle qui trône fièrement au centre de la commune. De l’élevage à l’abattage et à la revente, cette famille d’éleveur de père en fils s’exerce en totale autonomie. « On a notre propre abattoir. Par semaine, ce sont environ 2 bœufs et 2 veaux qui sont abattus ». Avec l’exploitation de son père, ce sont en tout 400 animaux qui se partagent 500 hectares.

Pour obtenir une viande de très bonne qualité, ils possèdent une grande variété de bêtes, « dont des croisements. Ça permet de prendre le meilleur du côté de chaque race. Par exemple, le Braman est très résistant aux tics et la charolaise plus fragile. On essaie aussi des nouvelles espèces comme la Belmont Red. On a une réputation à tenir ». Et pour se tenir à la page en matière d’agriculture bovine, chaque année, direction Rockhampton en Australie. « Pour un événement où se réunissent les experts de l’élevage ». Pâturages améliorés, chaîne fourragère pour réaliser eux-mêmes leurs bottes de foin… les calédoniens n’hésitent pas à se réinventer et à s’inspirer des dernières astuces de leurs voisins chevronnés.

Cette vie emprunte de liberté et de nature, « c’est mon repère », révèle-t-il en jouant avec une brindille d’herbe. Et pourtant, s’il a fait toutes ses classes dans le coin, il a dû s’installer en ville, à Nouméa. Un passage obligé de deux ans et demi pour obtenir son BEP dans la maintenance des équipements industriels. « Je voulais apprendre quelque chose que je ne connaissais pas et finalement, ça me sert sur l’exploitation. Il faut être bon en mécanique et se débrouiller tout seul, être autonome ». Une période citadine qu’il quitte sans regrets. Pour un retour auprès de ses bêtes favorites. Et lorsqu’il ne s’occupe pas de ses petites protégées, le jeune homme les remplace par des chevaux. « De course. On en a cinq. Quand les jockeys ne sont pas là, c’est moi qui les monte et qui les prépare. Ça me plaît beaucoup ». De l’exploitation familiale aux pistes hippiques, Julien Creugnet semble avoir trouvé une place de choix, qu’il ne céderait pour rien au monde.

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